Jardin

Et plouf la visseuse

Ecrit par Cath

L’objectif premier de ce blog était de partager avec vous mes déboires en tant qu’ancienne Parisienne venue s’exiler dans la campagne bretonne mais, ça fait un petit moment que je n’ai pas eu de vraie tuile à vous conter. Heureusement, aujourd’hui est arrivé ! Pourtant, la journée avait bien commencée, on avait même une promesse d’achat pour notre moto…

Ces derniers temps je n’ai pas publié grand chose, pour la bonne raison que plus rien n’avance ici. La salle de bain est en stand by depuis les fêtes pour diverses raisons. Avant de pouvoir nous atteler de nouveau à cette tâche il nous restait à réparer l’enclos des chèvres qui ont, depuis des mois, la liberté de boulotter chacune des plantes et des arbustes que j’ai tant de mal à maintenir en vie.

Pour ce faire il a fallu refixer les poteaux qui longent l’ancienne roue du moulin. Nous avons donc travailler en équilibre précaire au dessus de l’eau qui a sacrément monté ces dernières semaines. Arrivé au dernier poteau j’empoigne la visseuse et commence à fixer le morceau de bois dans son logement. S’est alors passer quelque chose pour le moins désagréable. Je visse jusqu’à ce que la visse ne puisse plus bouger, à ce moment précis et comme visiblement j’appuyais toujours sur la gâchette, c’est la visseuse qui s’est mise à tourner sur elle même.

Moi, je suis à croupie, le croupion en l’air, la tête vers le bas et la moitié du buste au dessus de l’eau gardant mon équilibre comme je peux. Bon, là, quand la visseuse commence à tourner, c’est la seule chose à la quelle je me tiens encore.. Donc, je me fais entrainé par la bête, que je sert de plus belle dans un réflex désespéré. Mais la visseuse, toujours prise dans la tête de visse qui ne peut plus bouger, continue de tourner puisque, plus je sers, plus j’appuie sur la gâchette ! Bon, arrive ce qui doit arriver… plouf, la visseuse tombe dans la rivière au niveau de la marre.

la-marre

Je me suis sentie comme une petite fille de 8 ans prenant conscience de sa bêtise. Je viens de faire tomber dans l’eau une visseuse d’une valeur de 200 euros ! Je regarde alors Amour qui se tient à mes côtés et qui sourit en me disant « c’est pas grave ». Là, je me dis qu’il pense que c’est un cailloux qui est tombé, qu’il va m’incendier de bêtise quand il comprendra. « C’est la visseuse qui est tombé dans l’eau » que je lui braille, ce à quoi il répond « oui, mais c’est pas toi qui est tombée, donc c’est pas grave ».

Devant tant de compassion je craque et pigne à moitié sur moi même en argumentant que moi, au moins, ça ne m’aurait pas tuer de tomber dans l’eau. Bref, la séquence émotion passée, il faut trouver un moyen d’aller chercher la visseuse au fond de l’eau trouble et vaseuse. Le karma faisant bien les choses on n’a trouvé que mes waders et pas ceux d’Amour… J’enfile donc l’équipement prévue pour m’éviter d’être mouillée au moins jusqu’au torse mais un malheur n’arrivant jamais seul, le caoutchouc est percé au niveau de mon genoux (saletés de souris!). Consciente que nous sommes en hiver et qu’il fait 4° dehors je sens qu’il vaut mieux éviter que l’eau de la rivière n’entre dans la combinaison.

En mode Mc Guyver je prend un sac plastique que j’entoure autour de ma jambe, puis je couvre le tout d’une bonne dose de scotch. A tel point qu’au final, je ne peux presque plus plier la guibolle. Amour court me chercher des serviettes pour ma sortie puisqu’il est évident qu’il faudra que je me baisse pour récupérer l’engin sous l’eau, et probablement sous 30cm de vase.

Comme le conseil le type de « Man vs wild (l’homme contre la nature) », il vaut mieux se mettre à poil avant de plonger dans un lac gelé. Ca et préparer un feu pour se réchauffer à la sortie. Le poêle chauffe à la maison, il ne me reste plus qu’à me déssaper au milieu de mon jardin pour plonger dans une eau à quelques degrés à peine. Aussitôt dit, aussitôt fait, je garde quand même mon tshirt et mon boxer, histoire de ne pas choper une pneumonie avant même d’entrer dans l’eau. J’attrape au passage un bout de bois pour tester la profondeur de l’eau avant d’y mettre les pieds.

Un premier pas dans la marre et je sens le froid traverser le caoutchouc qui se colle à ma peau sous la pression de l’eau. Second pas et je m’aperçois que ma rustine de fortune ne sert strictement à rien, l’eau est déjà dans ma botte jusqu’à mon genoux. Pendant ma progression, je sentirai un autre trou dans ma deuxième botte ainsi que dans mon dos. La marre est vraiment profonde à cette époque de l’année, je ne peux pas passer au milieu sans risquer que le niveau de l’eau passe au dessus de ma faible protection pleine de trou. Je fais donc tout le tour en m’accrochant à ce que je peux, même le bout de lierre crasseux, je le sers presque avec affection ! Tout plutôt que de tomber entièrement dans l’eau.

J’arrive enfin au niveau où la visseuse a chu. Du pied je tâtonne dans la vase et assez rapidement je sens une forme qui n’a rien à faire dans une marre. S’en plus réfléchir, au risque de me dégonfler, je plonge le bras dans l’eau, la faisant ainsi entrer dans ma combinaison. Heureusement je ne suis pas tombée sur un cailloux mais bien sur l’outil que je remonte en hâte. Sous les encouragements d’Amour je retire les waders qui coincent au niveau du genoux à cause du scotch, puis, quelques longues seconde de débattement plus tard, mon tshirt.

En boxer, dehors, par 4° en Bretagne au mois de janvier : c’est fait.

J’enfile un peignoir et remonte le terrain pieds nus dans l’optique de me coller sous une bonne douche chaude. Bizarrement je n’ai pas encore trop froid, ce n’est qu’en faisant couler de l’eau chaude sur mes pieds que je comprends que je ne les sentais plus (d’où la facilité à remonter dans les cailloux jusqu’à la maison). Comme faut pas se laisser abattre, Amour me fax le chien dans la cabine de douche histoire de le laver en même temps que moi… Merci Amour.

J’ai du user toute l’eau chaude du monde puis j’ai échoué devant le feu. Et, vous connaissez pas la meilleure ? La visseuse fonctionne toujours ! Je recommande grandement la marque DeWalt ! Vraiment.

A propos de l'auteur

Cath

Écrire, c'est mettre à plat le bordel qu'on a dans la tête. Depuis qu'on a quitté Paris pour la Bretagne, du bordel il y en a dans ma tête !

6 Commentaires

    • je reconnais bien la, ma fille (je parle de son courage à plonger dans l’eau froide et non pas de la perceuse )et je salut au passage le stoïcme de Matt qui par amour à prévu les serviettes

  • Félicitation Je ne l’aurais pas fait mème si j’aime l’eau froide mais surtout pas la gadoue et l’inconnu dans la mare. Mais je sais que tu et prête a tout pour ta demeure et surtout COURAGEUSE … Avec le sourire

    • He bien… le samedi l’enclos était réparé (pas terminé puisqu’il faut qu’on le poursuive tout le long de la rivière qu’elles ont appris a sauter). Mais dimanche soir, Margoulette a trouvé le moyen de sortir, j’ai donc ouvert l’enclos dans l’optique de l’y faire rentrer. Sauf que Wifi s’est jeter plein d’enthousiasme sur les autres chèvres et Farfadet, habitué à ce qu’il y ai une ouverture là où la perceuse est tombée, s’est précipité contre le grillage. Évidement la quinzaine de kilos bien élancé a eu raison du poteau qui est encore tombé à mon grand désespoir…
      J’ai l’impression qu’on en finira jamais !

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